Qu’est-ce que le F.L.E. ?

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Qu’est-ce que le F.L.E. ? (1)


Le sigle FLE désigne le Français Langue Etrangère, c’est-à-dire la langue française enseignée à des apprenants dont la langue maternelle n’est pas le français.
Le concept de FLE est vaste. Il inclut le français enseigné en France et dans nombre de pays étrangers dans des institutions officielles françaises (comme les centres culturels dépendant des ambassades de France) ou locales (comme les établissements primaires, secondaires et supérieurs où son étude – facultative ou obligatoire – est inscrite au programme, en tant que première, deuxième ou troisième langue vivante).
Distinct du FLM et du FLS, le FLE a acquis, graduellement avec les années, une existence autonome rendue obligatoire par la riche palette de ses statuts, des situations d’apprentissage et des publics d’apprenants.
En conséquence, l’enseignement du FLE a développé des stratégies et des choix différents de ceux du FLM, relatifs :

  • à la sélection de notions et d’actes de parole ciblés sur les besoins spécifiques des apprenants ;
  • à la priorité (et non à la primauté) donnée à l’oral et à l’étude de la phonétique ;
  • à la mise en scène de situations de communication simulées ;
  • à la prise en compte des phénomènes d’interférences entre français et langue source ;
  • au respect des spécificités culturelles locales ;
  • à l’enseignement des comportements des usagers de la langue cible ;
  • à la conception d’un enseignement dans une perspective plurilingue et pluriculturelle,
  • etc.
Ce n’est que vers 1960 que l’on commence à parler de « français langue étrangère », timidement d’abord, entre guillemets et avec virgule, avant que peu à peu la lexie se stabilise et se banalise, la siglaison FLE et l’appellation « fondue » Fle n’ayant toutefois guère cours jusqu’aux années 1980 et 1990». (D. Coste, Histoire de la diffusion et de l’enseignement du français dans le monde, numéro spécial du Français dans le monde). Le FLE n’a en fait conquis ses lettres de noblesse qu’à partir du célèbre rapport Auba – établi à la demande du ministère de l’Education nationale – qui date de 1982 et recommande, pour le FLE, la création de filières universitaires spécifiques de formation d’enseignants, de diplômes adaptés et de postes d’inspecteurs généraux. L’application de ces recommandations permet au FLE de devenir en quelques années une discipline à part entière.

  • 1983 : création de la licence ès lettres (avec mention FLE), de deux postes d’inspecteurs généraux.
  • 1985 : création, par arrêté ministériel, du DEFL et du DALF (2).
  • 1988 : décret qui dispense les titulaires du DALF du test linguistique exigé des étudiants étrangers qui désirent s’inscrire dans une université française.
  • 2006 : création, par arrêté ministériel, du DILF (2).
Le FLE est un monde à part entière avec ses institutions, ses enseignants et ses associations, ses élèves, ses méthodes, ses manuels et ses revues. Les institutions impliquées dans l’enseignement du FLE sont nombreuses, variées et installées en France :

  • ministère des Affaires étrangères (et ses directions spécialisées), ministère de l’Education nationale (avec le CIEP) (3) ;
  • départements d’université (comme celui de Montpellier III) ;
  • centres spécifiques (le CLAB à Besançon, le CAVILAM à Vichy, le CRAPEL à Nancy) (4) ;

à l’étranger :

  • Alliances françaises ;
  • lycées franco-étrangers ;
  • entres culturels français, etc.
Des dizaines de milliers d’attachés linguistiques, conseillers pédagogiques, professeurs – français et étrangers – assurent la pérennité de son enseignement, personnels ayant reçu, en règle générale, une formation appropriée et regroupés en fédération, la FIPF (5), en nombreuses associations comme l’ASDIFLE (créée vers 1985) ou l’APFA-OI (6). Le nombre d’apprenants, très élevé, est impossible à chiffrer. À elle seule, l’Alliance française, vieille dame plus que centenaire (sa création remonte à 1883), présente sur les cinq continents et installée dans 136 pays, revendiquait, en 2007, 420.000 étudiants !

Le FLE, c’est aussi un enseignement spécifique qui a évolué au fil des différentes méthodes qui se sont succédé chronologiquement, notamment :

  • la méthode traditionnelle (jusqu’au début du XXe siècle) ; (7)
  • la méthode directe (début du XXe siècle) ; (8)
  • les méthodes audio-orale et audiovisuelle (vers 1950) ; (9)
  • les méthodes fondées sur l’approche communicative (dans les années 1970) ; (10)
  • les méthodes fondées sur l’approche actionnelle (depuis les années 2000). (10).

Le FLE, c’est encore des manuels qui ont tous en commun de proposer des tâches ciblées, dans la mesure du possible, sur les besoins particuliers de chaque groupe d’apprenants : élèves des écoles primaires et secondaires, étudiants, adultes qui étudient le français dans un souci culturel ou professionnel (personnels de l’économie, de l’hôtellerie, de la santé, etc.).
Le FLE, c’est enfin des revues spécialisées (comme Le français dans le monde et son supplément – aujourd’hui malheureusement disparu – Diagonales) et des ouvrages spécifiques destinés aux enseignants (par exemple, les collections F, LAL, L’essentiel, chez Hachette, Didier et Ophrys).


(1)D’après le Dictionnaire pratique de didactique du Fle, J.-P. Robert, 2008, collection l’Essentiel, Paris Ophrys.
(2) DELF : Diplôme d’Études en Langue Française. DALF : Diplôme Approfondi de Langue Française. DILF : Diplôme Initial de Langue Française. Ces trois diplômes sont réservés aux étrangers et peuvent être présentés soit en France soit à l’étranger, à l’exception du DILF – une exception française – qui n’existe qu’en France et vise un publics d’émigrés non francophones.
(3) CIEP : Centre International d’Etudes Pédagogiques (Sèvres).
(4) CLAB : Centre de Linguistique Appliquée de Besançon. CAVILAM : Centre Audiovisuel de Langues Modernes. CRAPEL : Centre de Recherches et d’Applications Pédagogiques en Langues.
(5) FIPF : Fédération Internationale des Professeurs de Français.
(6) ASIFLE : ASsociation de DIdactique du FLE. APFA-OI : Association des Professeurs de Français d’Afrique et de l’Océan Indien
(7) La méthode traditionnelle remonte à l’Antiquité. Elle vise à doter l’élève d’un savoir qui l’ouvre sur la société, a recours à la traduction (en privilégiant les exercices de version et de thème) pour lui permettre de lire des textes d’auteurs reconnus, et utilise un matériel écrit (vocabulaire, grammaire, dictionnaire bilingue).
(8) la méthode directe se donne pour objectif de faire parler l’élève sans parler de la langue. Elle refuse, comme son nom l’indique, le passage par la traduction, se propose de plonger l’élève dans « un bain de langue » et veut imiter les conditions d’apprentissage de la langue maternelle. Le matériel qu’elle utilise se compose de tous les objets appartenant à l’environnement de l’élève.
(9) Les méthodes audio-orale et audiovisuelle (cette dernière est également appelée SGAV, structuro-globale audiovisuelle) ont pour objectif d’installer des automatismes avec la pratique intensive d’exercices structuraux susceptibles de donner à l’élève une compétence d’abord orale (méthode audio-orale) dans une situation de communication (méthode audiovisuelle).
Elles donnent la priorité au matériel technique – tableau de feutre, magnétophone (méthode audio-orale), tableau de feutre, magnétophone, films fixes (méthode audiovisuelle) – et préconisent l’usage d’un laboratoire de langues.
(10) Les méthodes fondées sur l’approche communicative visent à doter l’apprenant d’une compétence communicative pour le rendre autonome en centrant sur lui leur enseignement. Pour cela, elles privilégient l’apprentissage fonctionnel de la langue, font appel à l’intelligence et à la créativité de l’élève, privilégient les activités cognitives mises en scène dans des situations simulées de communication orales et écrites. En 2001, la publication du CECR (Cadre Européen Commun de Référence pour les langues, Conseil de l’Europe), favorise l’éclosion de méthodes fondées sur l’approche actionnelle, méthodes qui prolongent les précédentes en précisant les notions de tâche, d’interaction, de plurilinguisme et d’interculturel déjà en germe dans les méthodes fondées sur l’approche communicative.